La maturité de nos titres est de 8 ans et 173 jours. En 2026, nous pourrions émettre 300 milliards d’euros de titre, dont la moitié pour rembourser nos créances arrivant à extinction. C’est ainsi que nous faisons « rouler » notre dette. La dette publique est par construction une dette perpétuelle, comme l’avait montré Éric Bocquet.
Quant à la charge des intérêts, elle reste contenue : ce sera 1,9 % du PIB pour 2026, contre 3,3 % du PIB dans les pays de l’OCDE. C’est moins qu’au Royaume-Uni, qu’en Italie, qu’aux États-Unis.
La France est solvable au-delà de tous soupçons, avec 4 447 milliards d’euros de patrimoine solvable. Certes, chaque Français hérite de 55 600 euros de dettes, mais aussi de 64 800 euros de patrimoine collectif. En outre, près de la moitié de cette dette est détenue par des acteurs français, et le premier détenteur de titres est la Banque de France - environ un quart.
La dette publique n’est pas en soi un problème. Le problème, c’est sa financiarisation, la structure de ses détenteurs et l’usage qui en est fait.
Depuis 2017, l’État a émis 1 915 milliards d’euros de titres pour financer les déficits et amortir la dette ; dans le même temps, les intérêts versés représentent 378 milliards d’euros, soit autant d’argent public redistribué sous forme de rente.
Il faut établir un plancher minimal de détention de titres publics et réintroduire un circuit du Trésor modernisé.
Depuis 2017, la dette a servi à compenser les cadeaux fiscaux et non à financer les services publics. Sur la même période, 450 milliards de recettes ont disparu, et, chaque année, 211 milliards d’euros d’aides et exonérations sont accordés aux entreprises, sans condition ni évaluation. Voilà ce qui alimente le déficit.
La dette française n’est pas trop élevée, elle est trop rentable pour ceux qui la détiennent, c’est-à-dire pour ceux que vos politiques protègent. La dette n’est pas un fardeau, mais un choix politique : vous la mettez au service des marchés ; quand la mettrez-vous enfin au service de la collectivité ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K ; Mme Florence Blatrix Contat applaudit également.)