"Cessons d’entretenir le flou démocratique, organisons les élections provinciales"

Question d'actualité sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie

Publié le 11 décembre 2025 à 12:02

L’État avance à marche forcée, avec l’organisation d’une consultation anticipée sur le projet d’accord de Bougival et l’examen, début janvier, d’un projet de loi.

  • Alors que l’accord de Bougival n’a pas été validé par le FLNKS et que le Congrès s’est prononcé le 8 décembre sans majorité - 19 pour, 19 abstentions, 14 contre - comment affirmer que cette consultation serait voulue par les forces politiques locales ?

Le Parlement a reporté les élections provinciales pour « poursuivre la discussion en vue d’un accord consensuel », vous-même avez promis d’apporter « des éclaircissements, des précisions, des compléments ». Or la mission envoyée sur place n’a rien clarifié, et la consultation porterait sur le texte initial.

Base juridique contestée, calendrier inversé par rapport aux précédents accords, absence de consensus local : le Gouvernement entend-il renoncer à cette consultation anticipée ?

Sur quelles bases politiques, juridiques et démocratiques justifierez-vous votre décision, sachant qu’une consultation risque d’aggraver la crise et de creuser les divisions ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K ; MM. Saïd Omar Oili et Jean-Marc Vayssouze-Faure applaudissent également.)

Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer . - Il n’y a pas de méthode forcée. Depuis le début, c’est la même méthode, celle du dialogue et du respect, pour trouver un chemin commun pour les Calédoniens.

La consultation des Calédoniens, c’est la définition même d’un exercice démocratique. Recueillir l’avis du Congrès de Nouvelle-Calédonie également. Il s’est prononcé le 8 décembre à une majorité de 19 voix pour, 14 contre et 19 abstentions. Le paysage politique est dispersé, je ne dis pas le contraire.

Le Gouvernement analyse les avis écrits de chaque formation politique annexés à cet avis. Il poursuit les consultations avec toutes les parties pour déterminer la suite à donner au processus. Tous ceux que nous avons entendus ont exprimé la volonté d’avancer. Vous l’avez dit vous-même, un chemin existe.

Le Gouvernement prendra le temps nécessaire pour analyser la situation et poursuivre les échanges, je l’ai dit dans le courrier adressé aux membres des formations politiques. L’État accompagnera toutes les demandes d’échanges ou de travaux. Nous restons pleinement mobilisés pour poursuivre la discussion.

Soucieux de donner de la visibilité aux Calédoniens, nous avons avancé sur le volet économique, en étant à l’écoute des partenaires. Cette méthode continuera de nous guider, pour dessiner avec les forces politiques locales la suite de ce processus.

M. Robert Wienie Xowie. - Vous demandez au peuple de se prononcer sur un texte inachevé, juridiquement contesté et sans consensus local, alors que vous avez reporté les élections. Vous nous donnez des leçons de démocratie : quel comble, pour un Gouvernement qui refuse de donner la parole au peuple ! Cessons d’entretenir le flou démocratique, organisons les élections provinciales.

RobertXowie

Sénateur de Nouvelle-Calédonie
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