Pourtant, le dispositif d’exception demeure.
Certes, deux nouveaux sites doivent être créés, à Rivière-Salée et Kaméré, mais cela ne règle pas le problème central : 17 % des habitants se trouvent à plus de 30 minutes à pied de leur bureau de vote, contre 5 % avec le maillage habituel. Certains électeurs doivent parcourir jusqu’à 5,8 km aller-retour à pied, soit 87 minutes de marche.
Cela se traduit dans les urnes : au premier tour des élections municipales du 15 mars dernier, Nouméa a enregistré une abstention de 51,25 %, dix points de plus que dans le reste du territoire. L’écart entre quartiers kanaks du Nord et quartiers européens du Sud atteint quatorze points, contre deux en 2020.
Les transports publics ne fonctionnent pas le dimanche. En évitant qu’aucun citoyen ne soit empêché pour des raisons matérielles d’exercer son droit de vote, l’État est-il prêt à garantir le respect du principe d’égalité devant le suffrage lors de ce scrutin essentiel pour l’avenir de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie ?