On ne fait pas la guerre pour s’en débarrasser

Question d'actualité au gouvernement

Publié le 27 novembre 2025 à 11:29

Face aux maires de France, le chef d’état-major des armées a affirmé, je cite, "qu’il fallait accepter le risque de perdre ses enfants, de souffrir économiquement".

Ce discours anxiogène et belliciste a laissé les maires, la nation tout entière, incrédules.

Madame la ministre, l’administration fut-elle gradée et militaire est aux ordres du politique et non l’inverse.

Avez-vous demandé au chef d’état-major de tenir de tels propos ? Cautionnez-vous ce discours
sacrificiel contraire à l’idéal républicain de progrès humain qui décrit le scénario d’une guerre mondiale qui impliquerait la France en Ukraine ?

Nous communistes connaissons le prix du sang, l’engagement ultime pour la défense de la nation, en ardents patriotes que nous sommes.

Or aujourd’hui, vous entérinez le passage d’un état social à un état guerrier.

Toutes les coupes dans les services publics trouvent prétexte par l’accroissement des besoins militaires.

Jaurès nous enseignait pourtant que l’on ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre.

Madame la ministre, ces annonces tonitruantes, ce conditionnement des masses, actent en réalité une crise majeure et sans précédent de la diplomatie française.
Réforme du corps diplomatique passée en force. Notre pays désavoué en Afrique et au Moyen-Orient. Mise à l’écart des discussions qui comptent par le Président Trump, la France recule face au désordre du monde.

Le Président de la République a depuis 2017 sacrifié nos réseaux diplomatiques et notre influence, dévitalisant l’idée même que notre pays est une puissance d’équilibre.

Nous devons mener une coalition avec des lignes rouges claires en se portant aux côtés de l’Ukraine, en proposant un plan de paix crédible, juste et durable.

Toute escalade guerrière dans la période est à rebours de ce qu’exige l’avenir de notre humanité.

C’est pourquoi nous avons déposé une proposition de loi pour limiter les rentes des grandes entreprises de la défense et neutraliser les dividendes de guerre.

L’économie de guerre engendre la valorisation des portefeuilles boursiers, la commande publique se transforme en dividendes privés, la destruction et la peur deviennent des indices sur les marchés financiers.

Comme le disait Victor Hugo, "la paix est la vertu de la civilisation, la guerre en est le crime".

Jérémy Bacchi

Sénateur des Bouches-du-Rhône
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Toute escalade guerrière dans la période est à rebours de ce qu'exige l'avenir de notre humanité.

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