Pourtant, sur le terrain, le maillon essentiel qui assure cette mission d’intérêt général est en train de s’effondrer. Ce maillon, ce sont les dépositaires de presse, qui parcourent chaque nuit le « dernier kilomètre » pour acheminer les journaux depuis les centres d’impression jusqu’aux marchands de proximité, ces acteurs Indispensables à la vitalité des centres villes et des villages.
Dans mon département, c’est la Coopérative de Presse et de Messagerie Méditerranéenne qui fait vivre ce réseau auprès de 500 diffuseurs sur les zones d’Aix-Marseille et de Toulon, tout comme la SCIC OYÉ le fait sur le territoire lyonnais.
Malgré leur rôle essentiel, ces structures sont aujourd’hui les parents pauvres de la filière. Les aides publiques à la distribution sont versées aux éditeurs, puis fléchées par l’ARCEP vers les seules messageries nationales pour couvrir leurs surcoûts. Les dépositaires de presse, eux, ne sont pas reconnus par le régulateur et sont totalement exclus des dossiers de financement.
Le décret du 13 mai 2026 vient d’instituer une aide à la distribution du numéro. Ce texte persiste à exclure les dépositaires du droit de déposer un dossier. Pendant que les aides publiques s’arrêtent au milieu du chemin, les dépositaires subissent de plein fouet l’explosion des coûts du transport, de l’énergie et la baisse des volumes. Aujourd’hui, les trésoreries sont à sec, menaçant directement les emplois et l’approvisionnement de territoires entiers.
Les salariés portent pourtant un projet d’avenir vertueux : intégrer la distribution de la presse régionale et mutualiser les livraisons du dernier kilomètre avec d’autres commerces pour répondre aux urgences écologiques en diminuant la circulation des camions sur les routes.
Madame la Ministre, le maintien du pluralisme et l’accès de tous les citoyens à la presse écrite dépendent directement de ces structures de proximité. Le vide réglementaire existant doit être corrigé. Je vous demande donc d’intervenir sans délai, soit pour intégrer le dernier kilomètre, soit par le déblocage d’une dotation d’urgence exceptionnelle pour sauver ces dépositaires.