Médecins du monde évoque un esclavage moderne. C’est un signal que vous ne pouvez ignorer.
Je parle de ceux que l’on n’entend jamais, la peur au ventre, au revenu de survie, mais toujours présents dans nos rues, aux feux rouges, à l’entrée des restaurants. Ils prennent des coups, ils chutent à vélo ou en scooter, ils se relèvent, aux ordres d’un patron sans visage : l’algorithme.
On parle de travailleurs sans papiers. Pourtant, pour avoir un compte livreur, ils transmettent des documents. Ce qu’on leur refuse c’est le droit à un titre et donc au droit du travail.
Il y a le temps de la justice. Et il y a le temps politique.
Alors, à quand des régularisations pour sortir de cet état de non droit ?
Et pour tous les travailleurs des plateformes numériques livreurs, chauffeurs VTC, coursiers, aides ménagères et bien d’autres métiers : une directive européenne pose une présomption légale d’emploi avec enfin une requalification en salarié. Pourquoi n’est-elle toujours pas en vigueur en droit français ?
Des milliers de travailleurs et travailleuses attendent des avancées.
Et je vous l’avoue : une directive qui a été votée en 2024 alors qu’on est en 2026, comment le comprendre ? C’est un cauchemar pour des dizaines de milliers de personnes.
Donc je vous le dis, à vous, à votre gouvernement, à votre premier ministre :
Au lieu de passer des heures, des jours et des semaines à savoir comment on rabotte le 1er mai jour férié et chômé, on aurait mieux fait d’accélérer la directive européenne en droit français.
Quand on est ministre du travail et de la solidarité, on se bat contre le travail déguisé et on s’occupe de la santé et de la sécurité des salariés français et étrangers.