Le Pas-de-Calais fait partie des départements les plus en difficulté sociale, en particulier le bassin minier de Lens-Hénin-Liévin, avec une forte proportion d’élèves scolarisés en éducation prioritaire et trois fois plus d’élèves en situation de handicap qu’ailleurs. La réduction des moyens d’enseignement est donc en décalage avec les besoins du terrain.
Je déplore aussi les pressions à la fusion d’écoles ou à leur regroupement en réseaux pédagogiques intercommunaux.
Alors que les services académiques se félicitent de leurs performances en matière de remplacement des enseignants, la réalité constatée dans les écoles est tout autre : l’an dernier, on a compté certains jours plus de 90 classes sans remplaçant !
Comment le Gouvernement va-t-il mieux prendre en compte les spécificités sociales et éducatives du Pas-de-Calais dans la répartition des moyens d’enseignement et garantir un remplacement effectif des enseignants absents ?
M. Edouard Geffray, ministre de l’éducation nationale . - La répartition des moyens dans le premier degré repose sur une analyse fine des réalités territoriales, et notamment des réalités sociales à toutes les échelles, jusqu’à celle de l’école, en intégrant des critères concrets comme les temps de transport.
À ma demande, les observatoires des dynamiques rurales et territoriales ont été généralisés, car nous observons une chute drastique de la démographie - sauf à Mayotte et en Guyane. Ces observatoires nous permettent d’anticiper les évolutions démographiques à un, trois et cinq ans - et bientôt dix ans - et d’en mesurer les effets sur les dotations scolaires.
Dans le Pas-de-Calais, la baisse du nombre d’élèves est drastique. Entre 2017 et 2024, le département a perdu 19 500 élèves, soit 14 % de son effectif ; il en a perdu 3 346 supplémentaires à la rentrée 2025, soit quasiment 3 % de l’effectif ; une nouvelle diminution de 2,5 % est attendue à la rentrée 2026, soit quasiment 3 000 élèves de moins.
Grâce à cette évolution démographique effarante, 96 % des classes de grande section, de CP et de CE1 sont limitées à 24 élèves et le taux d’encadrement continue à progresser, avec un nombre moyen d’élèves par classe qui est passé de 22,6 en 2017 à 19,7 en 2025 - contre 21 en moyenne française à la rentrée prochaine.
La suppression de 80 emplois à la rentrée prochaine ne nous empêchera pas de poursuivre la progression du taux d’encadrement des élèves et l’amélioration du remplacement des professeurs absents.
M. Jean-Pierre Corbisez. - La situation économique et industrielle du département est bien difficile. Les critères de répartition doivent tenir davantage compte de ses réalités sociales et, en particulier, du nombre d’enfants handicapés.
À l’école aussi, il faut une marge de manoeuvre pour éviter que les conditions d’apprentissage soient dégradées lorsque les enseignants ne sont pas remplacés.