Moins de cadmium dans les sols, plus de sécurité dans nos assiettes

Question orale au gouvernement

Publié le 8 juillet 2026 à 11:06

Le cadmium est un cancérigène certain. Il s’accumule dans l’organisme pendant des décennies, affectant les reins, les os et le système cardiovasculaire.

C’est une épidémie française : nos sols sont deux fois plus contaminés que ceux des autres pays européens. Quelque 47 % de la population est exposée, et 100 % des enfants de 2 à 3 ans.

L’Assemblée nationale a récemment adopté un texte visant à réduire la teneur en cadmium des engrais phosphatés, une avancée importante. Il nous appartient de l’inscrire à l’ordre du jour de notre assemblée.

Mais cette loi ne fera pas disparaître les questions sur la responsabilité gouvernementale à l’égard des contaminations : celle présente dans les sols et celle qui atteint déjà notre alimentation.

Quelle est votre stratégie de santé publique et d’information des consommateurs ? Que prévoyez-vous pour les Françaises et les Français déjà exposés ? Quel accompagnement des agriculteurs vers des pratiques moins dépendantes des intrants contaminés ?

Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées .

  • Je vous prie d’excuser l’absence de la ministre de la santé, qui m’a chargée de vous transmettre sa réponse.

Le cadmium est, en effet, un enjeu majeur de santé publique. Santé publique France et l’Anses ont montré qu’une partie de la population est davantage exposée que dans d’autres pays européens. Notre réponse doit être à la hauteur des enjeux.

Nous agissons, d’abord pour mieux repérer les personnes les plus exposées. Depuis le 16 juin, le dosage urinaire du cadmium est pris en charge par l’assurance maladie lorsqu’il est prescrit par un médecin à une personne à risque. Ce dépistage s’adresse en priorité aux personnes les plus exposées, notamment celles vivant sur des sols pollués ou consommant des productions locales susceptibles d’être contaminées. Il s’agit d’identifier plus tôt les situations à risque, en vue de mettre en place un suivi médical adapté et de donner des conseils pour réduire l’exposition.

Nous devons aussi réduire les contaminations à la source. C’est tout le sens des travaux engagés sur les matières fertilisantes. Le Gouvernement tirera toutes les conséquences des travaux du Parlement afin de renforcer la protection des Françaises et des Français.

M. Pascal Savoldelli.

  • Merci d’avoir répondu à ma question. Il est urgent de lancer un plan national de soins et de lutte contre l’exposition, associant information, prévention, suivi des populations exposées et renforcement de la biosurveillance.

Soyez à l’écoute du réseau de plus de 1 million de paysans et travailleurs produisant une alimentation de qualité, respectant la terre et l’eau. Leur action porte en germe une sécurité sociale de l’alimentation.

Pascal Savoldelli

Sénateur du Val-de-Marne
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