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Affaires étrangères et défense

Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des sept commissions permanentes du Sénat : lois, finances, affaires économiques, affaires étrangères et Défense, affaires culturelles, affaires sociales, aménagement du territoire et du développement durable. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales et les explications de vote des sénateurs CRC.

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Afrique : changer du tout au tout la forme de notre présence

Débat sur les partenariats renouvelés entre la France et les pays africains -

Par / 21 novembre 2023

Nous avons déjà dénoncé les fondements de nos rapports économiques, politiques et militaires avec les pays africains, qui entravent de longue date leur développement. C’est la confiance même dans notre relation à l’Afrique qui est mise en cause par ces rapports d’un autre temps, à mille lieues des enjeux du XXIe siècle.

Nous avons déjà dénoncé les fondements de nos rapports économiques, politiques et militaires avec les pays africains, qui entravent de longue date leur développement. C’est la confiance même dans notre relation à l’Afrique qui est mise en cause par ces rapports d’un autre temps, à mille lieues des enjeux du XXIe siècle.

Je pense au franc CFA, aux traités de libre-échange ultralibéraux, à notre silence face à la course au moins-disant fiscal et à la prédation des multinationales, dont certains groupes français comme Bolloré et Bouygues. À la persistance d’une logique néocoloniale d’interventions militaires, de moins en moins supportée par les jeunesses africaines.

Gérard Araud, ancien représentant permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU, l’a dit : nous devons « changer du tout au tout la forme de notre présence. » Mais, de coup d’État en coup d’État, la France persiste à reproduire les mêmes erreurs : coups de menton et appui aux velléités d’intervention de la Cédéao.

Nous condamnons le coup d’État au Niger, comme nous avons condamné ceux au Tchad, en Guinée et au Burkina. Mais engager un bras de fer n’a conduit qu’à renforcer la popularité des putschistes, notamment auprès de la population nigérienne.

Le rejet de la politique française devient un levier pour qui veut asseoir son pouvoir. C’est dire s’il est urgent de changer de politique.

L’influence malveillante d’autres puissances ne doit pas détourner notre regard de nos propres responsabilités. Tirons les leçons de nos échecs et adoptons une politique humble et sans oeillère au Sahel. Entendons l’aspiration des jeunesses africaines d’une deuxième indépendance et respectons la volonté des États de diversifier leurs partenariats.

Soit les autorités françaises tiennent compte de cette lame de fond, soit nous poursuivons une politique empreinte de relents néocoloniaux. Quand la droite sénatoriale vote une mesure visant à conditionner l’aide au développement à la coopération en matière migratoire, nous ouvrons la porte à une logique punitive qui couvre la France de honte.

Nous devrions flécher 10 % de notre aide au développement vers le renforcement des systèmes fiscaux des pays africains, afin de leur donner des moyens budgétaires propres. Il nous faut aussi revoir en profondeur la philosophie de notre aide, pour la dégager de toute logique de pillage. Travaillons en relation plus étroite avec les ONG et octroyons plus de dons que de prêts. Soutenons une réforme des conditions d’émission des DTS en vue de favoriser la lutte contre la pauvreté et le financement de la transition écologique du continent africain. Si nous ne sommes pas actifs en ce sens, les Brics le seront.

Agissons également en faveur d’une agroécologie vivrière qui a fait ses preuves et de l’industrialisation, au lieu de perpétuer une économie de rente. En matière énergétique, faisons profiter les pays africains de notre savoir-faire, en particulier dans le nucléaire.

Il est temps d’adopter une logique fondée sur la coopération et le soutien aux choix de développement des pays, seul moyen de réparer notre lien.

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