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Le silence total d’Emmanuel Macron sur la hausse des salaires et des pensions

Pouvoir d’achat -

Par / 10 novembre 2021
https://youtu.be/MSwWO3SurD4
Le silence total d’Emmanuel Macron sur la hausse des salaires et des pensions

Monsieur le Premier ministre, selon l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, un foyer qui s’attendait à payer 1 030 euros d’électricité pour l’année en janvier 2021 devra finalement s’acquitter d’une facture de 1 400 euros. Les 100 euros de chèque énergie ne suffiront pas, ni pour les plus pauvres ni pour tous les autres.

Il s’agit d’une baisse substantielle du pouvoir d’achat, à laquelle s’ajoute la hausse continue, depuis plusieurs semaines, du prix des carburants. Pour autant, rien n’est prévu dans le projet de loi de finances pour faire contribuer les grands groupes pétroliers et les acteurs de l’énergie au financement et, ainsi, baisser réellement, pour tous nos concitoyens, le coût de l’énergie.

Comptez-vous réellement ne pas mettre à contribution ces grands groupes pour l’effort de solidarité ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE et sur des travées du groupe SER.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’industrie.

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargée de l’industrie. Madame la sénatrice Cukierman, je veux mettre en perspective cette question du pouvoir d’achat par rapport à ce que le Gouvernement a accompli sous cette mandature. (Exclamations ironiques sur les travées des groupes CRCE et SER.)

Le pouvoir d’achat a beaucoup plus progressé sous cette mandature que sous les deux précédentes. D’abord parce que nous avons créé plus de 500 000 emplois, ensuite parce que nous avons veillé à ce que ces emplois permettent à chacun de vivre plus dignement.

Je vous rappelle l’augmentation de la prime d’activité, pour 4,4 millions de foyers, la suppression des cotisations chômage et maladie, pour 29 millions d’actifs, la baisse des impôts, notamment de la taxe d’habitation et de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, la revalorisation du traitement des professionnels de santé et des fonctionnaires les moins bien rémunérés. (Mme Éliane Assassi proteste.) Voilà des actions concrètes, entreprises au service des Français et de leur pouvoir d’achat.

M. Rachid Temal. Et l’assurance chômage ?

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée. Vous m’interrogez sur le coût de l’énergie.

Nous avons agi pour que ce coût de l’énergie frappe moins les personnes les plus vulnérables. Je rappelle que le Premier ministre s’est engagé, ici même, à déployer un bouclier face à l’augmentation du gaz et de l’électricité, pour permettre à une grande partie des Français – 38 millions – de bénéficier, dès le mois de décembre, d’une augmentation de 100 euros du chèque énergie, qui s’ajoute aux 150 euros déjà existants. (Exclamations sur les travées des groupes CRCE et SER.)

Mme Cécile Cukierman. Indécent !

Mme Éliane Assassi. Allez-vous répondre sur la mise à contribution des grands groupes ?

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée. Par ailleurs, investir dans l’énergie bas-carbone, dans les énergies renouvelables et dans l’énergie nucléaire…

Mme Sophie Primas. Il est temps !

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée. … est notre façon de garantir aux Français de pouvoir accéder durablement à une énergie à bas coût. (Exclamations sur les travées des groupes CRCE et SER.) C’est en menant le combat de la décarbonation, en permettant à 450 000 foyers de procéder à la rénovation thermique de leur maison et de réduire les coûts de chauffage, que nous menons, sur le long terme, le combat du pouvoir d’achat. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – MM. Franck Menonville et Pierre Louault applaudissent également.)

M. le président. La parole est à Mme Cécile Cukierman, pour la réplique.

Mme Cécile Cukierman. Madame la ministre, vous êtes dans l’autosatisfaction alors que TotalEnergies a annoncé un bénéfice net multiplié par vingt-trois au troisième trimestre !

Comme vous, nous avons écouté un président devenu candidat hier soi. Il n’a pratiquement pas abordé la première préoccupation des Français : le pouvoir d’achat. À l’inverse, il s’est livré à une stigmatisation détestable des chômeurs et a ressorti une vieille formule : travailler plus et plus longtemps. Son silence a été total sur la hausse des salaires, des pensions et des retraites. C’est pourtant de cela que les Français ont besoin !

En outre, les chèques préélectoraux ne compensent en rien la hausse de l’énergie et du carburant.

Il y a urgence à offrir, dès à présent, aux Françaises et aux Français, les moyens de vivre dignement de leur travail. Il faut sortir de cette spirale qui plonge, jour après jour, de plus en plus de nos concitoyens dans la précarité. Ces femmes et ces hommes ne sont pas les coupables des difficultés de notre pays ; ils en sont aujourd’hui les premières victimes.

La valeur travail ne se décrète pas, madame la ministre. Elle s’incarne, par l’ouverture immédiate de négociations pour la revalorisation du SMIC, des salaires et des pensions de retraite !

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