Groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste

Patrimoine national, la SNCF n’est pas à vendre

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Le Sénat examine à partir de ce mardi 29 mai la réforme de la SNCF voulue par le gouvernement. Bien que celui-ci s’en défende, ce nouveau pacte ferroviaire prépare en fait le démantèlement et la privatisation de l’entreprise publique. Ensemble, dans la rue comme dans l’hémicycle, ne laissons pas faire !

19h41

Il est primordial de préserver notre réseau et notre excellence ferroviaire

Intervention de Guillaume Gontard

L’histoire du rail français fait partie intégrante de l’Histoire de France. Il s’agit d’un patrimoine national, de ceux qui font la grandeur de notre pays, de ceux auxquels les Français sont particulièrement attachés. De fait, notre système ferroviaire a toujours compté parmi les meilleurs au monde. Par son maillage extrêmement dense, il est un facteur essentiel d’égalité entre les citoyens et d’unité territoriale. Il assure tant la vitalité des territoires, que la cohésion du pays. Alors que la fracture territoriale et la transition écologique comptent parmi les défis majeurs du siècle, il est primordial de préserver notre réseau et notre excellence ferroviaire.

Pourtant, ce projet de loi est synonyme de retour en arrière. En effet, il y’a près de 80 ans, la SNCF a été créée pour pallier aux difficultés d’investissements et d’organisation du secteur ferroviaire. En 1937, pour mettre un terme à la myriade inopérante de petites compagnies privées, le Front Populaire décide de les unifier en une seule compagnie nationale. Cette décision historique a permis à la SNCF d’atteindre l’excellence, avec notamment la création du TGV, mais également d’achever le maillage du territoire en assurant une nécessaire péréquation entre les lignes rentables économiquement et les lignes rentables socialement.

Aujourd’hui, c’est cela que menace ce paquet ferroviaire obéissant à la délétère idéologie néo-libérale. Mais non content de répondre aux exigences européennes d’ouverture à la concurrence, ce projet de loi fait du zèle.
En effet, il n’était nullement besoin de transformer la SNCF en société anonyme. L’opération n’a qu’un seul objectif, permettre demain, par une seconde loi, l’ouverture de son capital et sa privatisation progressive. Vous ne tromperez personne, cette méthode bien connue a déjà été utilisée pour Renault, France Telecom, EDF-GDF, et j’en passe.
Même le président de L’ARAFER, chargée de superviser la mise en concurrence de l’activité ferroviaire, a reconnu que ce changement de statut n’était pas nécessaire.

La seule « vertu » si j’ose dire, de ce changement est qu’il oblige le Gouvernement à s’intéresser à la dette de SNCF Réseau, pour ne pas tuer dans l’œuf la future SA. Cette dette, largement imputable à une stratégie étatique mal pensée du tout LGV obère toute capacité de rénovation et de modernisation de notre réseau ferré. Pourtant, sa vétusté est telle que l’on peut s’estimer heureux qu’il n’y ait eu, à ce jour, qu’un seul Brétigny-sur-Orge.
Cités en exemples, l’Allemagne et le Japon ont assumé la reprise de la dette ferroviaire et des investissements massifs dans leur réseau avant la mise en concurrence.

Cela aurait dû être le cœur de la réforme. Au lieu d’ anticiper l’explosion future de la dette, le Gouvernement en éponge, le minimum vital de tout en contraignant drastiquement les capacités d’investissements de SNCF Réseau.
A ce sujet, il faudra donc nous contenter d’une insuffisante promesse : 36 milliards en 10 ans. Loin des 40 milliards que l’Allemagne a investi en 5 ans sur son réseau avant d’ouvrir son rail. Loin des besoins de notre infrastructure.
Il n’y a d’ailleurs aucun exemple d’ouverture à la concurrence réussie sans investissements public massifs dans les infrastructures. Plus que le dogme concurrentiel bruxellois, c’est l’investissement public qui explique la relative réussite des modèles ferroviaires allemand, suédois, suisse, japonais, etc à l’opposé du catastrophique exemple britannique.

Pour nous répondre, la ministre nous renverra à la loi de programmation des infrastructures, renvoyée aux calendes grecques tout comme la loi d’orientation des mobilités alors que c’est un débat global sur les transports au XXI siècle que nous aurions dû avoir !

Mais le Gouvernement, dans une stratégie bien connue d’écran de fumée, a préféré concentrer le débat sur le statut des cheminots, une paille qui permettra à la SNCF d’économiser 10 à 15 millions en précarisant un peu plus ses agents… Quelle mesquinerie ! Qu’il est commode de tenter de monter les Français les uns contre les autres pour démanteler sans bruit le service public, patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Car, à rebours d’un enjeu comptable, nous rappellerons que ces agents dévoués assurent une mission de service public et ne sauraient être les épouvantails des difficultés de la SNCF ! A l’opposé des attaques inacceptables que contient ce projet loi, les cheminots doivent être confortés dans leur statut. Comme l’a même reconnu notre rapporteur, loin d’être des privilèges, leurs acquis sociaux devraient être la norme pour tous les travailleurs de ce pays.
Nous les remercions d’avoir, par le sacrifice d’un mois de salaire, empêché le Gouvernement d’aller au bout de sa logique initiale : la privatisation de la SNCF par ordonnance.

Grâce à leur engagement, la potion qui sortira du Sénat sera un peu moins amère.

Néanmoins, selon une logique libérale bien connue de privatisation des profits et de socialisation des pertes, c’est tout le réseau secondaire qui restera à la charge du contribuable,. Reporter le problème sur les Régions sans augmentation de leurs moyens menace de disparition progressive des milliers de kilomètres de ligne. En Allemagne, ce sont ainsi 10 000 km de lignes (20 % du réseau) qui ont disparu en 20 ans. En France, Spinetta nous en promet 9 000 km.

Une telle perspective est plus qu’alarmante quand on examine les enquêtes d’opinion qui, en France, aux Etats-Unis ou en Autriche établissent une corrélation irréfutable entre l’éloignement d’une gare et le vote d’extrême droite… Supprimer une gare, supprimer une ligne c’est renforcer ce sentiment d’abandon qui mine la concorde nationale.
Enfin, deux ans après la signature de l’accord de Paris, comment peut-on encore envisager de remplacer des trains par des cars ? Des trains de fret par des camions ? Comment peut-on envisager d’accroître nos émissions de gaz à effet de serre ?
La réflexion sur l’avenir de la SNCF doit partir des besoins et non des moyens. Du besoin de mobilité de TOUS nos territoires et du besoin impérieux de transition écologique !
Vous l’aurez compris, de notre point de vue, ce projet de loi n’apporte pas de solutions aux problèmes actuels du rail français, pire encore il les aggravera.
Partout en Europe, l’ouverture à la concurrence a systématiquement entraîné :

• Une augmentation des tarifs (30 % en Allemagne hors inflation)

• Des suppressions de lignes

• Une baisse des services et de la sécurité

• Un allongement des trajets

Madame la Ministre, affirmer que cela sera différent chez nous relève du dogmatisme et non du pragmatisme dont vous vous prévalez.
Nous ne voterons pas ce projet de loi.
Je vous remercie,

19h21

Le débat au Sénat marqué par un coup d’éclat des communistes

Et c’est Public Sénat qui le dit !

19h14

Rejet de notre motion de procédure

#JeSoutiensLaGreveDesCheminots

Rejet de notre motion de procédure invitant le Sénat à recaler la réforme de la SNCF. Droite, centristes, radicaux, LREM et socialistes joignent leurs voix et laissent le champ libre au texte du gouvernement.

18h56

Nous rejetons votre réforme parce qu’elle livre la SNCF aux appétits du privé

Question préalable

Pour signifier notre refus global de la réforme, nous avons déposé une motion de procédure invitant le Sénat à rejeter le projet de loi du gouvernement. Une motion défendue par Éliane Assassi dont voici le texte :

Au deuxième jour de la 12e séquence de grève des cheminots —auxquels nous apportons tout notre soutien — nous démarrons l’examen au sénat du projet de loi portant un nouveau pacte ferroviaire.

Ce matin mon groupe a reçu des représentants de syndicats de cheminots de la SNCF —la CGT, la CFDT, l’UNSA, Sud -Rail — ainsi que ceux de plusieurs pays : Italie, Espagne, Luxembourg, Allemagne, Belgique, Angleterre… et à 13 heures nous étions présents au rassemblement de l’intersyndicale devant le Sénat, rassemblement qui montre, à l’évidence, que la mobilisation contre ce projet ne s’essouffle pas.

Que ce soit ici ou ailleurs, ils ont toutes et tous un dénominateur commun : ils défendent avec détermination et courage leurs droits, leur outil de travail et portent une certaine vision du service public ferroviaire.

Nous partageons, cette vision fondée sur les missions d’intérêt général de l’entreprise publique et le droit à la mobilité pour tous et partout.
Il faut les entendre et ne pas balayer d’un revers de main les résultats du vot’action qui s’est clôt la semaine dernière et qui démontre, n’en déplaise aux esprits malins, une opposition majoritaire à cette réforme non inscrite dans le programme du candidat Macron, mais décidée ensuite par le même Emmanuel Macron élu Président de la République réalisant ainsi un vœu cher à la droite.
Pour nous, ce sont les cheminots les premiers de cordée, ceux qui défendent ce qui fait commun entre nous : les services publics.

Avant d’en arriver au contenu de ce texte, je voudrais une nouvelle fois aborder la méthode, que nous jugeons contestable et dangereuse.
Une méthode gouvernementale qui interroge par sa brutalité et son mépris à l’égard des parlementaires, mais également des forces sociales de notre pays, taxées d’être irresponsables lorsqu’elles exercent un droit constitutionnellement reconnu, celui de faire grève et de porter des revendications, voire même de manifester.

Le message de fermeté envers les syndicats est inacceptable. Il témoigne d’une vision autoritaire de l’exercice du pouvoir. Si la place de chacun doit être claire, le dialogue social ne peut se résumer à des coups de menton de la part des plus hauts responsables de l’État.

Par ailleurs, nous regrettons le choix de la commission de ne pas avoir réalisé l’audition, que nous avions demandé de l’intersyndicale et j’ai bien dit de l’intersyndicale.

Les partenaires sociaux doivent être respectés.

J’en viens maintenant au parcours de ce projet de loi, parcours qui est pour le moins curieux.

Votre gouvernement a fait le choix — en s’appuyant sur un rapport d’expert, le rapport Spinetta — de forcer le passage par la voie des voie des ordonnances, jugées plus rapides et plus efficaces.

Votre modernité, c’est aussi cela : recentrer les pouvoirs au risque de rompre l’équilibre des pouvoirs. Drôle de conception de la démocratie parlementaire…
En tacticien maladroit pour affirmer sa posture idéologique, ce même gouvernement a indiqué aux syndicats que, s’ils étaient constructifs, des mesures plus précises seraient directement insérées dans la loi. C’est le cas… mais sur des sujets connexes puisque sur le dur, rien n’est négociable…
Sur l’incessibilité, suite à l’engagement du gouvernement, celle-ci a été présentée par voie d’amendement par le groupe LREM et adoptée en commission. Mais, mes chers collègues, la vigilance s’impose, car vous le savez comme moi, ce que fait une loi, une autre loi peut le défaire. Nous aurons d’ailleurs des propositions en la matière.

Par contre, sans concertation, le gouvernement a annoncé en cours d’examen la fin du statut de cheminot pour 2020 et la filialisation du fret. Il s’agit là d’une véritable provocation.

Résultat, le texte a triplé de volume lors de son passage à l’Assemblée nationale et il ressort encore épaissi après son examen en commission au Sénat.

Nous nous retrouvons donc dans une situation incroyable, où le texte qui nous est soumis n’a fait l’objet ni d’étude d’impact ni d’avis du Conseil d’État puisque son contenu est issu très largement d’amendements du gouvernement.
Pourtant, leur portée est majeure, puisque c’est par exemple, par un simple amendement que le statut de la SNCF a été transformé, ouvrant la voie à sa privatisation, comme cela a été le cas pour toutes entreprises publiques qui ont vu leur statut modifiée : GDF, EDF, France Telecom...

Cette méthode du gouvernement —qui devient une habitude — est peu conforme au respect de règles constitutionnelles qui définissent l’exercice du pouvoir législatif par le Parlement.

Venons-en au contenu : nous abordons ce texte avec un sentiment de déjà vu, puisque nous avons débattu de ces enjeux lors de l’examen de la proposition de loi de notre collègue, Hervé Maurey, prête depuis plusieurs mois, mais ressortie opportunément pour signifier au gouvernement le refus du sénat du passage par voie d’ordonnances de la réforme ferroviaire. Refus uniquement de forme, puisque sur le fond, les différences d’appréciation ne sont pas fondamentales. Soyons clairs, le gouvernement et la majorité sénatoriale partagent l’idée qu’il n’y pas d’autre horizon que l’ouverture à la concurrence à plus ou moins brève échéance.

Nous ne partageons pas cette idée puisque contrairement à ce que nous entendons l’Europe laisse les marges de manœuvre suffisantes aux États pour ne pas appliquer le 4e paquet ferroviaire, voulu par vos prédécesseurs, que ce soit au travers le règlement OSP ou par la reconnaissance des services publics par le traité de Lisbonne. L’Europe n’impose pas plus le changement de statut de l’Entreprise publique.

Par contre l’Europe impose le respect de normes pour la pollution de l’air. Mais apparemment, votre gouvernement fait son marché dans les règlements : ceux qu’il décide de suivre et ceux qu’ils décident de ne pas suivre. Nous en reparlerons.

Partout où la libéralisation a été mise en œuvre, les conditions pour les usagers ont été dégradées, que ce soit l’état des infrastructures, le tarif ou encore la sécurité. L’Italie, L’Allemagne, La Grande-Bretagne, aucun de ces pays ne peut être érigé en modèle et vous le savez bien.

En France également, l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire a conduit à réduire encore sa part modale, à justifier une gestion d’entreprise tournée vers la rentabilité, ce qui a conduit à l’abandon d’un certain nombre de dessertes.
Ce projet de loi nous semble, comme l’ensemble des projets qui nous sont présentés depuis des décennies, symptomatique de l’approche qui est désormais privilégiée lorsque l’on parle du rail, une approche purement comptable et gestionnaire d’un secteur d’activité et d’une entreprise publique, que l’on voudrait faire rentrer aux forceps dans le moule libéral, paquet ferroviaire après paquet ferroviaire.

Or, cela n’est pas si simple parce justement nous parlons d’un secteur dont l’intérêt général se caractérise par trois raisons fortes :
• Premièrement, son réseau structure l’aménagement de notre pays, constitue sa colonne vertébrale, un atout indéniable pour la compétitivité de notre économie.

• Deuxièmement, son développement constitue une alternative crédible et efficace à la route et à l’aérien pour la transition énergétique et le passage à une économie décartonnée comme nous y appellent les accords de Paris et le Grenelle de l’environnement. La dette environnementale n’est pas négociable et elle est bien plus lourde encore que la dette ferroviaire.

• Enfin, son existence participe à l’exercice du droit à la mobilité pour nos concitoyens. À l’heure où les réseaux d’information se mesurent à la nano seconde, il est nécessaire que nos concitoyens puissent eux aussi se déplacer facilement.

Les politiques menées par les gouvernements successifs d’assèchement des ressources, d’endettement massif de l’opérateur et d’absence d’investissements publics à la hauteur des besoins font peser un doute réel sur la viabilité du système ferroviaire et sur l’avenir du service public. Il y a urgence à légiférer.

Le problème c’est que votre projet de loi n’a qu’une boussole : l’ouverture à la concurrence est, de facto, ne pose aucun principe directeur sur une politique de mobilité favorisant coopération, interconnexion et complémentarité. Il ne prévoit aucun financement nouveau.

Quant à la reprise de la dette par l’État à hauteur de 35 milliards d’euros n’est pas un cadeau fait aux cheminots : c’est une stricte obligation comptable ; c’est le prix à payer pour préparer la privatisation de l’entreprise historique. Soyons précis : une société anonyme ne peut être endettée à un niveau supérieur à deux fois le montant des fonds propres qui, pour SNCF réseau sont estimés à 7 milliards. Donc 50 milliards de dettes moins 2x7 milliards soit 14 milliards = 36 milliards. Le compte est bon !

Je le redis tant ce texte est transparent en la matière : le seul objectif de cette réforme c’est la concurrence et l’arrivée de nouveaux opérateurs dont on se sait par quel miracle, ils seraient plus performants que la SNCF qui a déjà fait d’importants progrès de productivité.

Mais vous connaissez l’adage : qui veut se débarrasser de son chien prétend qu’il a la rage. C’est exactement ce qui arrive à la SNCF et plus largement au système de service public ferroviaire.

Cette politique n’est pas nouvelle. Elle se place en continuité avec toutes les politiques menées depuis 30 ans qui créent les conditions du dépérissement du service public ferroviaire par l’instauration d’une concurrence déloyale pour faire du service ferroviaire un service déficitaire, sous utilisé et sous financé.
Un système rendu inexploitable en réduisant la voilure : suppression de trains, fermeture de lignes, diminution du personnel, abandon de centre de triage. Ainsi, entre 1995 et 2015, ce sont 3000 kilomètres de lignes qui ont été fermés, créant des déserts ferroviaires.

La prochaine étape : préparer la vente à la découpe de l’opérateur public par le changement de statut et la filialisation. Comment comprendre cette non-préservation des intérêts publics ? C’est du sabotage.

Nous pensons que ces recettes libérales sont trop usées, qu’elles vont à l’encontre des intérêts de nos concitoyens. Elles doivent être abandonnées. L’avenir du rail, c’est le service public. C’est la démocratisation de l’entreprise publique pour mieux entendre les besoins des territoires et des usagers, c’est la relance du fret ferroviaire comme outil de transition écologique, ce sont des trains plus nombreux, plus sûrs et plus ponctuels. Un maillage du territoire toujours plus dense. Des outils de financement adaptés, comme la taxe poids lourd ou le versement transport. C’est ce que nous porterons en termes de propositions tout au long de nos débats.

Si nous avons déposé cette motion, ce n’est pas pour clore le débat, mais pour affirmer publiquement que votre réforme n’est pas bonne, car, loin de moderniser et de développer le service public ferroviaire, vous préférez le livrer aux appétits du privé qui en fera ce qu’il voudra bien en faire là où ça rapporte et l’abandonnera là où ça ne rapporte pas et ce au nom de la rentabilité.

18h45

Des pancartes et des gilets SNCF dans l’hémicycle (2)

#JeSoutiensLaGreveDesCheminots

https://youtu.be/i__pllmbpAk
Des pancartes et des gilets SNCF dans l’hémicycle (2)

ElianeAssassi : ce projet de loi n’est pas un simple projet de réforme économique et sociale, c’est un projet porteur d’un choix de société où l’argent prend le pas sur l’intérêt général.

18h04

Des pancartes et des gilets SNCF dans l’hémicycle

Rappel au règlement

Moment spectaculaire dans l’hémicycle. Avant le tout début de l’examen du projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire, Éliane Assassi prend la parole pour un rappel au règlement. À ses côtés, les membres du groupe CRCE, habillés de gilets de la SNCF, brandissent des pancartes sur lesquelles ont peu lire, par exemple, "La SNCF est notre bien commun", "concurrence = privatisation En Marche" ou encore "moins de trains, plus de pollution".

"Le projet de loi relatif au nouveau pacte ferroviaire qui organise, le mot n’est pas trop fort, la liquidation de la SNCF comme grande entreprise publique nationale n’est pas un simple projet de réforme économique et sociale, c’est un projet porteur d’un choix de société, explique la présidente du groupe CRCE. Le choix d’une société où l’argent et ses nouveaux préceptes, la rentabilité, la productivité, prennent le pas sur les idées mêmes du service public et l’intérêt général. Ce projet de loi, c’est la concrétisation des choix libéraux portés par l’Europe libérale en dépit des doutes, des oppositions, des colères des peuples. Faut-il rappeler que nous fêtons aujourd’hui le référendum de 2005 quand notre peuple a tenté de se libérer du joug du libéralisme européen ? Ce projet de loi livre au dogme de la concurrence le service public ferroviaire en brisant de fait le principe de la desserte de tous nos territoires, villes, villages, campagnes et montagnes. Cette dangerosité de votre projet de loi, Mme la Ministre, vous avez tenté de la dissimuler, de la masquer. Vous avez tenté de rendre les cheminots coupables de tous les maux alors qu’aujourd’hui chacun reconnaît qu’ils ne sont en rien responsables des difficultés de l’entreprise, mais que bien au contraire, ils les ont subies. Vous osez affirmer que le statut des cheminots était responsable de la dette. Vous avez truffé votre texte de recours aux ordonnances pour éviter le débat parlementaire. Vous avez dégainé un amendement de dernière minute en séance publique à l’Assemblée nationale, pour transformer la SNCF en Société Anonyme et permettre une privatisation future, alors qu’il s’agit d’un point clé sinon le point clé de la loi."

"M. le Président du Sénat, jugez-vous acceptable que l’avenir de notre service public ferroviaire, pour une large part, a poursuivi Éliane Assassi, soit régi par ordonnance ? M. le Président du Sénat, doit-on accepter l’absence d’étude d’impact sur de nombreux aspects du texte ? Le Parlement avance ainsi à l’aveuglette et à marche forcée, ce qui est bien en conformité avec les projets constitutionnels présentés par E. Macron et son gouvernement. Nous appelons le Sénat à la raison parlementaire en forçant le gouvernement à respecter le Parlement. Nous appelons le Sénat à réfléchir à deux fois avant de poursuivre la déstructuration, après Gaz de France, après France Telecom ou La Poste, de cette grande entreprise publique, qu’est la SNCF."

15h05

Gouvernement, droite sénatoriale et socialistes dans le même wagon européen

Tous d’accord pour l’ouverture à la concurrence

Si la proposition de loi du centriste Hervé Maurey, votée par la majorité sénatoriale le 28 mars 2018, relève bien sûr de la course à l’échalote libérale et de la volonté de couper l’herbe sous le pied du gouvernement, elle témoigne surtout de l’accord profond entre droite et gouvernement. Inscrite précipitamment à l’ordre du jour, cette proposition est en effet une simple variation du « nouveau pacte ferroviaire » gouvernemental.

Elle anticipe et organise elle aussi, sous réserve de quelques différences, l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Avec le même credo libéral : la concurrence, c’est-à-dire l’arrivée d’opérateurs privés, améliorera le service et permettra à la SNCF de retrouver sa compétitivité.

« La proposition de loi Maurey témoigne de la course contre la montre, engagée par la majorité sénatoriale, pour être la première chambre à entériner l’ouverture à la concurrence et les changements de statut au sein de l’entreprise publique SNCF, engageant sa vente à la découpe, estimons-nous. Nous souhaitons faire entendre une autre voix dans ce concert libéral qui transpose avec zèle les directives européennes, alors même que les dangers sont grands en termes d’offre pour les usagers, de sécurité, de couverture de l’ensemble du territoire, de tarification. Après la téléphonie, l’énergie, le fret ferroviaire, ce sont maintenant les transports voyageurs ferroviaires qui sont visés par la libéralisation pour permettre aux entreprises privées de faire des profits, comme ce fut le cas avec la privatisation des autoroutes. »

Fidèles à leur position, nous nous sommes naturellement prononcés contre cette proposition de loi. Tout comme nos collègues socialistes, qui pour l’occasion ont retrouvé dans l’hémicycle des accents de gauche très prononcés.

En espérant faire oublier, sans doute, leur accord passé avec la mise en œuvre des différents « paquets ferroviaires » européens à l’origine, précisément, de cette ouverture à la concurrence.

14h37

Aux côtés des cheminots

Rassemblement de l’intersyndicale devant le Sénat

12h25

Nous serons les porte-voix des cheminots et des usagers

https://youtu.be/-s0pjE-7QaQ
Nous serons les porte-voix des cheminots et des usagers

Intervention d’Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE, lors de notre conférence de presse.

11h51

L’exemple allemand n’est pas un exemple à suivre

https://youtu.be/4GzKCeBZpFw
L’exemple allemand n’est pas un exemple à suivre

Intervention de Laurent Brun, responsable CGT cheminots, lors de notre conférence de presse. Contrairement à une idée reçue, l’exemple allemand n’est pas un exemple à suivre.

11h20

À l’offensive contre ce texte

 

10h40

Réunion de travail avec des cheminots français et européens

Avant notre conférence de presse, réunion de travail avec des cheminots français et européens. L’ouverture à la concurrence et la privatisation ont partout les mêmes résultats : baisse de la qualité, hausse des tarifs, précarisation des salariés. #jesoutienslescheminots #SNCF

09h55

Mobilisés contre la réforme du gouvernement

Éliane Assassi l’a expliqué lors de la manifestation parisienne de la marée populaire, samedi dernier : les élus du groupe CRCE s’apprêtent à mener une bataille parlementaire contre la réforme du gouvernement

Même tonalité combative avec Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis :

08h58

Le programme de la journée

Plusieurs rendez-vous important figurent au menu de cette première journée :

  • 10 h 30, nous organisons une conférence de presse en présence d’une délégation de syndicalistes cheminots et de représentants de « International Transport Workers Fédération ». Nous y présenterons notamment notre analyse de la réforme du gouvernement ainsi que nos proposition et nous reviendrons sur la réalité de la concurrence du rail dans le monde.
  • 13 h 00, rassemblement des cheminots devant le Sénat. Dès hier, plusieurs dizaines d’entre-eux ont déployé des banderoles dans le jardin du Luxembourg, histoire de donner le ton.
  • 16 h 45, séance de questions d’actualité au gouvernement. Le dossier de la SNCF y sera très certainement abordé.
  • 17 h 45, début de l’examen du projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire.
08h46

Bonjour et bienvenue sur ce fil d’actualité

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue sur ce fil d’actualité qui va vous faire vivre, de notre point de vue, l’examen par le Sénat, programmé jusqu’à jeudi, de la réforme de la SNCF.

En se coulant dans l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, en mettant fin au statut des cheminots, en transformant l’opérateur historique en société anonyme, le nouveau pacte ferroviaire du gouvernement ne vise en fait qu’à démanteler la SNCF au profit d’opérateurs privés.

L’exécutif peut compter pour cela sur le soutien de la majorité sénatoriale, qui a déjà, et à plusieurs reprises, exprimé son accord avec la réforme.

Pour notre part, nous y sommes profondément hostiles et nous sommes pleinement avec les cheminots dont la grève est d’intérêt général.

Il est néanmoins nécessaire de réformer la SNCF afin qu’elle réponde mieux aux défis de la mobilité pour tous, du développement des territoires et de la transition énergétique. Des défis auxquels seule une entreprise publique, en situation de monopole et unifiée peut satisfaire.

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