Je n’oppose pas les territoires hexagonaux et les territoires ultramarins. Nous vivons dans une humanité commune, nos actions ont des conséquences pour l’ensemble de la planète. La science nous alerte sur le changement climatique. Si nous ne laissons pas 80 % des énergies fossiles dans le sol, nous n’arriverons pas à stopper ce cycle infernal. Sept des neuf limites planétaires sont déjà dépassées. Les conséquences sont brutales, notamment pour les classes populaires.
La souveraineté énergétique ? Qui peut croire que la production de 1,5 million de barils par jour, à horizon de dix ou quinze ans, assurera notre indépendance, dans un marché totalement intégré et soumis aux firmes nord-américaines ?
L’emploi en Guyane ? Chacun sait que les plateformes offshore - comme d’ailleurs le centre spatial de Kourou - emploient des équipes internationales, des mercenaires, qui repartent au bout de quelques semaines. Cela ne profite pas aux Guyanais et aux Guyanaises.
Les retombées économiques ? Au Guyana et au Suriname, le PIB a explosé, mais le taux de pauvreté reste très élevé. Les décisions sont prises par les conseils d’administration des grandes firmes pétrolières : les bénéfices vont à leurs actionnaires, pas à la population locale.
Enfin, ces modèles extractivistes sont en fin de vie. La décision de 2017 nous place à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique.
Chers collègues de Guyane et d’outre-mer, nous sommes à vos côtés. M. Montaugé l’a dit, l’égalité des territoires n’est pas faite, c’est un scandale. Mais la réponse n’est pas de livrer nos sous-sols à des firmes internationales. La promesse républicaine doit être tenue pour tous les enfants de la République : en Guyane comme en Seine-Saint-Denis, dans nos territoires d’outre-mer, dans nos territoires ruraux, dans nos quartiers populaires. Les services publics, l’emploi local doivent être une priorité nationale.
Nous voterons contre ce texte.